Comme dans la saga Star Wars, nous commençons par la « Fin » de notre road trip en direction du nord : vous découvrirez tout ce qu’il s’est passé entre Perth et Port Hedland dans le prochain article.
Nous sommes le 15 Octobre, déjà 15 Jours que nous sommes (T2, Chris et Alice (la copine de Chris)) partis de Perth. Nous venons de passer trois jours et deux nuits dans le parc National du Karijini, il est temps pour nous de reprendre la route en direction du nord car nous avons prévu de trouver une ferme entre Broome et Darwin afin d’y bosser trois mois et de débloquer notre deuxième année de visa.
L’humeur est au beau fixe sur cette route quasi désertique, tout se passe bien depuis le départ de Perth et on en prend plein les mirettes.
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| Une dernière photo au dessus des gorges du Karijini National Park |
Nous sommes à 250km de Port Hedland quand soudain le van se met à surchauffer dans une descente, laissant s’échapper une épaisse fumée blanche derrière lui.
Arrêt d’urgence ;
Sachant que notre van aime bien manger l’huile, on ouvre le capot, enfin plutôt, on soulève les sièges (le moteur se cachant dessous) afin d’avoir accès au moteur. Rien de visiblement anormal, mis à part beaucoup plus d’huile suintant sous la carcasse de la bête.
Le soleil cogne dur, il est environ 14h. Par « chance » nous sommes à seulement 5km de la road house (station-service égarée où le gazole coûte extrêmement cher) la plus proche.
On décide de reprendre la route afin d’y aller pour trouver de l’aide. Le moteur peine à redémarrer mais finalement nous nous engageons sur la route en direction de la road house et ces 5 000m à parcourir.
Seulement deux kilomètres plus loin, le van surchauffera de nouveau et nous n’aurons d’autre choix que de nous arrêter une nouvelle fois. Notre équipe d’apprentis mécanos se jette sous l’engin afin d’élucider le mystère. Le verdict ne tardera pas : une durite de refroidissement est complètement HS, craquelée par le temps, elle se décompose en poussière par endroit.
| Les apprentis mécanos cherchent la panne |
Le lendemain matin, on redémarre le van en espérant arriver jusqu’à la road house… Bingo ! Le pansement a fonctionné ! Mais hélas, pas de durite à vendre dans cet endroit paumé. Seulement du scotch gris waterproof et résistant à la chaleur. On achète ça et on tente la réparation de l’extrême qui nous permettrait de faire les 240km qui nous séparent de Port Hedland afin d’y acheter une vraie durite. On démonte la durite, on la coupe, l’entoure du scotch magique (comme de vrais Mac Gyver !). On remonte le tout et on va faire des essais sur route…
Ça fonctionne !! Le van ne chauffe plus ! On fait le plein et direction Port Hedland !
40km plus loin, la température sera toujours bonne mais le van se remet à fumer… Nouvel arrêt obligatoire…
On met le van sur cric cette fois, il faut trouver d’où ça vient… Mais rien, rien de visible. On se dit que c’est l’huile présente sous le van qui doit brûler à cause de la chaleur. Deux heures plus tard on reprend la route, et au bout de 20km, un bruit métallique (familier à Chris) viendra nous chatouiller les oreilles : la segmentation vient de lâcher, juste devant le seul parking ombragé à des kilomètres à la ronde.
Cette fois ci c’est la fin, Cochonou vient de mourir, nous voilà orphelins.
Malgré la peine nous restons lucides : il faut trouver une solution rapidement car nos réserves d’eau ne nous permettent de tenir que deux jours dans ce désert. Nous déciderons de faire du stop et écrirons un message sur notre table de camping : « Port Hedland, Engine Down » à traduire par "Port Hedland, moteur mort". Dur de faire du stop à trois, mais nous sommes prêts à nous séparer s’il le faut. Chanceux dans notre malheur, un coupe d’Australiens voyageant à deux voitures s’arrêtera et nous prendra tous les trois. On prend le minimum dans des sacs à dos (pc pour avoir accès au net, argent, eau...) et c’est parti. Ils nous déposeront à 40km de la ville et attendront avec nous que quelqu’un d’autre nous prenne. Encore une fois la chance nous sourit : à la seconde où l’on tend le pouce un mini bus vide s’arrêtera et nous déposera à South Hedland (15km au Sud de Port Hedland).
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| 42°C ... Le soleil cogne dur ! |
Et maintenant ? Qu’allons-nous faire ?
Etienne part à l’aéroport essayer de louer une voiture, pendant qu’Alice et Chris épluchent les annonces à la recherche d’un nouveau véhicule à acheter. Ils répondent à plusieurs annonces qui finalement ne mèneront nulle part. Entre temps Etienne a loué une voiture et nous retournons au van (à 180km de là) tenter de sauver le maximum du plus important.
La dernière nuit au van sera nostalgique. On ressassera ces bons moments passés depuis plus de huit mois… Il est temps de refaire nos sacs à dos, nous revoilà piétons comme au début de l’aventure.
C’est triste, ça fou les boules, mais nous devrons abandonner le van ici, avec encore beaucoup d’affaires. L’abandon de véhicule étant illégal en Australie, il a fallu enlever les plaques du van et toutes traces qui auraient pu permettre de remonter jusqu’à nous. On le taguera une dernière fois d’un « RIP » saignant, comme nos cœurs. Adieu, à présent, à jamais, pour toujours.
| On charge ce que l'on peut sauver dans la voiture de location |
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| Après une dernière "poussette", Cochonou reposera sous les arbres |
Le lendemain nous retournons à Port Hedland, la voiture de location chargée à bloc du maximum d’affaires portables (partant du principe que nous serons à pieds). Pendant qu’Etienne est à la Poste, Chris et Alice vont dans un restaurant tenu par des français demander conseil. Ceux-là leur propose immédiatement de les héberger pour la nuit, voire plus, suivant le temps nécessaire pour se retourner.
Il est maintenant l’heure pour Etienne de rapporter la voiture ; Chris et Alice se dirigent – sans grand espoir – vers le seul garage d’occasion de la ville voir si une voiture dans leur moyen ne traînerait pas par là. « Miraculeusement » un 4x4 traîne au fond de la cours du garage : apparemment trop petit pour les Australiens habitués à posséder des Monsters Truck. Le garage souhaitant s’en débarrasser leur fait une offre (méritant mûre réflexion) à la limite de leur moyen. Ils décident de prendre la soirée pour y réfléchir.
Une fois chez les français, après une bonne douche, nous nous changeons les idées, parlons de tout et de rien, échangeons nos expériences dans le confort oublié d’une maison.
Lors de cette soirée nous discutons et nous nous rendons compte qu’Etienne souhaite poursuivre le road trip jusqu’à Darwin pour découvrir le grand Nord tandis que Chris et Alice voudraient trouver une ferme ou du WWOOFing de toute urgence pour avoir leur second visa en sécurité dans le coin de leur poche. Se dessine alors à l’horizon une séparation plus proche que prévue...
En cherchant des solutions pour se rendre à Broome (premier arrêt vers le Nord pour Etienne), ce dernier se rend compte que le dernier bus de la semaine est la nuit même, à 1h du matin, soit 2h30 plus tard… Il prépare donc son paquetage et à 00h30 Chris et Etienne se dirige vers l’arrêt de bus, papillons aux ventres.
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| Le grand T2 prêt à partir avec son baluchon |
Le bus ne viendra pas (il fallait réserver en ligne, toutefois s’y prenant trop tard, le site web ne prenait plus de réservation, Etienne à tout de même tenté sa chance). Le destin avait décidé de laisser quelques heures de plus ensemble à nos deux aventuriers.
Le lendemain, Chris et Alice décident d’acheter le mini 4x4. Une fois cette voiture en poche, ils décident de revenir sur leur pas (redescendre vers le Sud d'où il viennent) plus précisément vers Carnarvon, supposé être un oasis de plantations.
| Chris et "Little Optimus" |
Tandis qu’Etienne attendra son prochain bus pour Broome, soit quelques jours supplémentaires, dans la maison des français.
Samedi 19 Octobre, 16h le moment de la séparation tant redouté est arrivé. Après plus de huit mois passés en couple à explorer l’Australie, Koala et Kangourou doivent malheureusement se séparer.
Comme dirait Jean-Louis Aubert : « Voilà, c’est fini ».
Ce fût une expérience de dingue, extrêmement enrichissante, où l’on aura appris à se découvrir et à repousser nos limites.
Une tranche de vie à jamais gravée, que rien, pas même le temps, ne pourra effacer.
Une nouvelle aventure commence pour chacun d'entre nous, mais le petit koala égaré voyagera toujours près de son kangourou.
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| Sur la tableau de bord d'Alice et Chris |
To be continued....













